Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Anne Bourrel, auteur La Manufacture de livres

dans le delta du rhône

27 Juillet 2007 , Rédigé par anne bourrel écrivain pop Publié dans #ecrivainpop

Quand j’avais quatorze ans, je suis tombé dans le canal avec ma mob ! AAhh ! Dans le canal, avec ma mob… Il faisait nuit, j’y voyais rien, et puis la route a tourné, y avait des gens en plein milieu de la route, ils allaient à la fête, comme moi, hop ,virage dans la nuit, plof, dans le canal, les gens ont accouru, y en avait qui riaient, les plus jeunes, moi, j’ai eu froid, dans le canal, j’ai vite lâché la mob, l’odeur, pouah, du canal et cette eau noire, ai pas demandé mon reste, aussitôt tombé dans l’eau, aussitôt remonté et tiré par les bras par tous les gens qui allaient à la fête. Waow. Quand j’y pense, j’en reviens toujours pas. Et tu sais, la mob, dans le canal, elle y est toujours, ça fait vingt cinq ans maintenant, et j’en suis sûr, qu’elle y est toujours ma mob, dans le canal.

Dans le delta du Rhône, roman, travail en cours (résidence à la Laune, au diable Vauvert, septembre 2007)

Lire la suite

(2003, aéroport d'Alger)

27 Juillet 2007 , Rédigé par anne bourrel écrivain pop Publié dans #ecrivainpop

Un jour, j’ai perdu mon nom…et depuis, je m’appelle Ibrahim. J’ai choisi ce nom pour moi-même : Ibrahim ! Ça laisse songeur…on dirait un nom-fleur.

 

 

Je suis Ibrahim des couloirs vides de l’aéroport. Je suis vieux. Les couloirs sont jaunes.

 

 

J’ai vu des hommes avec des barbes et des djellabas, courir armes au poing. Ils criaient « Allah, Allah Akbar » mais ils avaient les sourcils froncés et la bouche mauvaise.

 

Mon Allah, n’est pas le même, le mien me dit : Ibrahim, marche dans les couloirs de l’aéroport, Ibrahim, paix en ton cœur !

 

 

Ibrahim ! Ibrahim ! Souffle le vent dans l’aéroport d’Alger, Ibrahim, tu es bien plus que toi-même, homme né de la souffrance des hommes ! Ibrahim, ton destin te pèse !

 

 

Un jour encore, j’étais dans les toilettes de l’aéroport et j’ai regardé dans le miroir.

 

 

J’ai vu mon visage et j’ai compris qu’il ne m’appartenait pas.    

 

 

J’ai vu au-delà de mon visage, tous les visages de la vie et j’ai compris le fil ininterrompu du temps.

 

 

Et puis, un jour, un homme armé m’a tiré dessus. Cet homme ressemblait à un rhinocéros, un gros type bien nourri de l’armée de chez nous. Al-djezira ! Al-djezira, je suis mort dans les couloirs jaunes de l’aéroport !

 

 

Libre de toutes les vies, demain, peut-être, je renaîtrai dans un pays apaisé, avec une histoire d’homme simple et amoureux ! Quand on a connu le pire, on a droit au meilleur, n’est-ce pas ?

 

 

Ou bien, je resterai mort, mort et sans matière, et je me contenterai de cette éternité blanche, dans l’éther lumineux.

publié dans le magzine littéraire de "Autour des auteurs", cf lien à gauche de la page

Lire la suite

cachucha

2 Juillet 2007 , Rédigé par anne bourrel écrivain pop Publié dans #ecrivainpop

Te escondes a la mirada ajena, brava y altiva. Pero cuando yo te miro, en el largo espejo dorado de mi cuarto, amiga leal, te abres como el nacimiento del día.

 ¡ Ay, cachucha querida!

 Solteras, nos entendemos. Te perfumo, te pongo flores y joyas raras. Tu, te abres y me sonríes, cueva profunda y olorosa.

Nos recordamos...nos recordamos de los días felices y de la plenitud...

 ¡ Ay, alhaja mía!

 Te quiero tanto que, si lo pudiera, te llevaré a mi brazo como una cartura de pieles. Serías una cartura muy dulce y caliente dónde acogeríamos a los que me dijeran:

 “! Que bolsa preciosa que tienes tú!”

 ¡ Ay, mi Cachucha, ay, mi Cachucha adorada!”

Anne Bourrel,texte pour Charo Beltran (version esp et fran), spectacle Puta Carajo, Chapelle Gély, vendredi 12 octobre 2007, Montpellier

Lire la suite