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Anne Bourrel, auteur La Manufacture de livres

Mi Buenos Aires querido/ Premier jour/primer día/first day

7 Octobre 2019 , Rédigé par anne bourrel

 

Voler. Voler d'un côté à l'autre du monde, ce n'est pas rien. Pourtant nous étions des centaines et des centaines à le faire aujourd'hui. Nous avons émis beaucoup de co2 mais pas que. Nous nous sommes reliés. D'une terre à une autre, nous allions tous vers nos destins. Cet homme âgé qui répétait dans son smartphone: no corre, no corre...ces soeurs jumelles si madrilènes, et celle-ci avec son chignon tressé et ses yeux de Pérou...tous ces gens...toutes ses valises qui tournent...tous ses pas qui claquent sur les sols de marbre bien poli...Mon destin, c'est ici qu'il me mène. Buenos Aires. Mon destin, c'est le tango qui s'occupe de lui donner une couleur nouvelle depuis quelques années déjà. Je ne me pose pas de questions inutiles: je danse. En dansant, j'apprends, en apprenant et en dansant, je vis.  Oui, je vis reliée à vous tous et à vous toutes, ici à Buenos Aires.

Volar. Volar por un lado al otro del mundo, no es nada. Sin embargo fuimos mucha y mucha gente haciéndolo hoy. Hemos enviado combustibles, y también algo más.  Nos hemos conectados. De una tierra a la otra, hemos caminado hacia nuestros destinos.  Este hombre anciano que gritaba en su teléfono: no corre, no corre, este gemelas con caras de Madrid, y esta con sus trenzas africanas y sus ojos peruanos...toda esa gente...todas estas maletas que pasan y pasan...todos esos pasos que hacen ruidos en los suelos de mármol bien pulido. Mi destino me conduce acá: Buenos Aires. A mi destino, el tango le da un color nuevo hace ahora algunos años.  No me pregunto cuestiones inutiles: bailo. Y bailando, aprendo y bailando, vivo. Si, vivo conectada a todas vosotras y a todos vosotros, acá in Buenos Aires.

To fly. To fly from on side of the world to the other, this is not nothing. Yet we were hundreds and hundreds of people doing it today. We emitted co2 but not only. We connected to each other. From one country to another, we were all walking towards our destiny. The old man screaming in his telephone: don't run, don't run. The twin sisters with madrilene faces. The girls with africain plats and eyes from Peru. All the suitcases going round and round...and the sound of all those steps on the well-polished marble floors. My destiny takes me here, in Buenos Aires. My destiny has been colored by tango for quite a few years now. I do not ask myself any unnecessary questions: I dance. And dancing, I learn, and learning and dancing, I live. Yes, I am alive connected to you all, here in Buenos Aires.

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