Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Anne Bourrel, auteur La Manufacture de livres

Buenos Aires , jeudi, s'il vous plait fermez doucement la porte...

10 Octobre 2019 , Rédigé par anne bourrel

Devant le parlement et depuis 1977 défilent les mères de mai. Des femmes, drapeaux argentins et banderoles déployées tournent autour de la place de Mayo devant la casa rosado. Je me souviens du cours d'espagnol en 1986 qui m'avait appris ce fait étrange et dramatique. Déjà 11 ans qu'elles réclamaient le retour de leurs enfants disparus durant la terrible dictature militaire qu'à connu l'Argentine entre 1976 et 1983. Et aujourd'hui le 9 octobre 2019, elles tournent encore. Leurs révolte ne s'achèvera jamais, toujours elles continueront de tourner, tourner, tourner.

Leurs cris répondent à d'autres, ceux du public nombreux qui mardi soir au Luna Park en attendant que commence le concert s'est mis en coeur à hurler: Macri, la puta que te pario, littéralement Macri, la pute qui t'a porté autrement dit: Macri, fils de pute. Pour rappel, Macri, c'est le président actuel, ultra libéral et qui sera sans doute battu aux élections le 27 octobre prochain.

Bien. Une salle de plusieurs milliers de personnes qui se met à crier Fils de pute à son président, c'est assez impressionnant...et laisse présager que nous allons vers des manifestations toujours plus nombreuses.

Buenos Aires est une ville de manifestants. Les Taxis, hier amassés et mécontents autour de l'obélisque.

Ce matin , des centaines de jeunes avec drapeaux furax amassés en haut de la rue où j'habite et chose impressionnante aussi, dans un silence total et un calme triste d'avant la tempête.

Les argentins sont tristes et fatigués. La valeur du peso est au plus bas. L'inflation galope. Les magasins sont vides. Personne n'achète quoi que ce soit. Les commerçants attendent derrière leur comptoir, bras croisés et mine défaite. Les chauffeurs de taxi ne font plus de plaisanterie. Je dois parler un peu plus longtemps avant que fleurisse sur les visages les beaux sourires argentins que j'ai connu il y a deux ans. Il est lent à venir ce sourire, oui, bien plus lent...

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article