On a marché sur la Laune, 3
On a marché sur la Laune, jeudi
Tout s’est passé comme prévu, j’ai écrit, je suis allée me balader. J’ai choisi Vauvert. Comme je suis une citadine, j’aime bien marcher dans les rues. Dans ma ville parfois, je fais de la randonnée urbaine.
A Vauvert, j’ai visité un magasin de décoration intérieure (je voulais une bougie parfumée pour ma Laune). Un couple d’une soixante d’années achetait de la vaisselle. La dame hésitait encore un peu et refaisait le tour du magasin. Lui, il pestait. Il criait comme un cochon. C’était l’un de ces types qui me donnent envie de sortir la carte du MLF de ma grand-mère et de la lui coller sur le nez avec de la colle extra forte. Il criait et bougonnait et monsieur, s’irritait parce que le shopping, c’est pour les dindes.
Mais nous, les dindes, depuis hier, on sait bien qui elles sont.
J’ai reculé discrètement pour barrer le passage du monsieur dans l’allée. Je le sentais dans mon dos qui essayait de se dégager vers la droite, hop, je faisais un pas de côté, vers la gauche, hop, un autre pas. Il est resté bloqué comme ça un moment.
Ça nous a reposées, sa femme et moi. Il criait plus le cochon, il était concentré, il ne voulait pas que je lui marche sur les pieds. J’ai tenu un bon moment comme ça de dos à le faire valser dans l’allée.
Petite balade, petite joie.
En rentrant, j’ai allumé la bougie. J’ai acheté Libé. Je le lirai ce soir pendant que l’imprimante me montrera les pages de la journée.
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