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Anne Bourrel, auteur La Manufacture de livres

on a marché sur la Laune

26 Septembre 2007 , Rédigé par anne bourrel écrivain pop Publié dans #ecrivainpop

L’actualité : René Escudié a écrit un texte que j’ai co-signé avec d’autres, pour dire ras-le-bol à toutes ces choses affreuses qui se passent en ce moment : chasse à l’étranger. Mais pourquoi faire ?!!

 

 

Seul le métissage existe, c’est la seule et UNIQUE solution, c’est le processus même de la vie. Fermer les frontières, envoyer des gens où ils ne veulent pas aller, attiser la haine entre communauté dans ces maigres délimitations que sont nos frontières, ne servira qu’à une seule et même chose : faire pousser la haine. Et la haine mange de la haine. La seule nourriture de la haine, c’est la haine.

 

 

 

 

Empêcher les gens de circuler librement et de vivre où ils veulent (peuvent), c’est laisser venir tous les extrémismes.

 

 

L’économie ? Elle ne gagne pas non plus au resserrement des frontières.

 

 

Qui a oublié pourquoi notre pays s’orne de centaines d’autres nations, qui ?

 

 

 

 

A Tanger, quand on s’assoit au café Hafa, on voit les côtes espagnoles. Aujourd’hui, l’Eldorado est là, pour des milliers d’Africains et de Maghrébins : la côte espagnole, et derrière La France, et plus loin l’Angleterre…celui qui rêve de vie meilleure et que l’on empêche de traverser se tournera vers Dieu. Et Dieu, on le sait, n’est pas toujours des plus enclins à respecter les droits de l’homme….eh puis les choses changent si vite : lisons les livres d’histoire ! Par exemple, celui de Leroy Ladurie : Histoire du Languedoc (PUF, 4 euros 50, moins cher encore d’occasion et disponible dans toutes les bibliothèques) et que lit-on ? Les richesses se créent, puis, elles se perdent, les frontières se transforment aussi au gré du temps, les gens les traversent selon leurs besoins, des pays pauvres envoyant leur main d’œuvre et leurs journaliers dans un pays donné, un siècle plus tard se retrouvent riches et accueillent à leur tour ceux chez qui ils ont été serviteurs.

 

 

Alors, oh, hein, les hommes, un peu d’humilité !

 

 

Et toi, là, cet élu du peuple qui ose même aller porter ta leçon mal apprise chez les africains ! J’espère qu’ils ont ri, pendant que moi je pleure, en écoutant tes sornettes de goujat. Non, mais, c’est qui ce mec ?! Même ici, dans ma retraite gardoise, je n’entends parler que lui. Vous avez regardé le téléfilm hier soir à la télé ?! J’ai pas la télé, mais j’ai entendu parler de ce programme à la radio et je suis abasourdie. Il est partout, partout.

 

 

Dans les livres d’histoire, les miens, ceux que je me souviens avoir reçu l’année du bac, on appelait ce genre-là : le culte de la personnalité.

 

 

Merci mes co-citoyens d’avoir voté pour ce tocard.

 

 

 

 

Au café Hafa, des hommes aux yeux réglisse vendent de la réglisse. Des feuilles de menthe ou presque …un très vieil homme dans une burka blanche porte sur son bras un énorme plateau de pâtisseries au miel et aux amandes. Les verres de thé arrivent brûlants. On prend le temps qu’ils refroidissent, on prend le temps de les boire, on prend le temps de se souvenir du goût du thé, amer, sur le bout de la langue, un temps étiré, un temps sans mesure, alors qu’au loin brille la mer barrée de bleu noir : les côtes espagnoles.

 

 

Je voudrais retrouver le café Hafa, avec toi, mon amour, et entendre cette chanson si triste, si triste, au son du oud, lorsque quatre jeunes hommes chantaient.

 

 

 

 

Fils et filles des mappemondes, il va falloir se serrer les coudes.

 

 

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