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ecrivainpop

Samedi 17 mars 2007 6 17 /03 /2007 09:02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Traduction /translation of

Des poèmes

de

                     Mohamed Metwalli

Mohamed Metwalli's poems

 

Mohamed Metwalli is an Egyptian poet. He was born in 1970. He now lives in Cairo and works as a translator for the television ( from Arabic into English) . He writes in Arabic and translates his own poems in English. I had the chance to translate a few of his poems from English into French.

 

He definitively belongs to the Avant-garde. His poems are published in the Egyptian revue "Locust". Mohamed Metwalli loves Whisky and women, his work is in total opposition with traditional love and passion poetry. He writes with vivid and colourful images about our modern world, full of sound and fury. He likes his poetry to be read without any kind of sentimental smirking, he prefers to read it with a tone of voice similar to the one we use to read a paper.

Mohamed Metwalli est un poète égyptien, né en 1970. Il réside actuellement au Caire où il est traducteur pour la télévision (de l'arabe à l'anglais). Il écrit en arabe et s'autotraduit en anglais. J'ai eu l'occasion de traduire quelques uns de ses poèmes de l'anglais au français.

Il est résolument dans l'avant garde égyptienne. Ses textes sont publiés par la revue égyptienne "LOCUST" (le criquet). Mohamed Metwalli, amateur de whisky et de femmes, s'oppose à la poésie traditionnelle arabe d'amour et de passion. Sa poésie est très colorée et s'empreigne du monde moderne, plein de bruits et de fureur. Il voudrait que ses poèmes soient lus sans afféterie sentimentale, plutôt avec le ton d'une lecture de journal.

AB.

 

 


Untitled

 Coats here take a number and go up to heaven.A line of overcoats fluttering among the clouds on an autumn Doomsday. The coats were left behind by their owners who spread out in the museum corridors. Or, to be more precise, They hung up their sins on these hooks, so they might feel better while staring at icons, pictures of crucifixion and baptism. And all the acquisitions of this theological museum. And, since I had to wait alone, in this significant room, I temporarily elected myself: Lord of the coats. 

 I crucified one, skewered another, and pinned a flower on a third, after assigning each a name, age and degree of culture, depending on the difference in their appearance, fashion and taste. For I, being an established god in this room, concerned myself only with refined taste and self-esteem, regardless of the embarrasment caused by a hole in an armpit, for example, a strategic button missing on a pocket, or the slit in the back going all the way up to the neck. I was liked by many intelligent coats, and even the ones that didn’t like me understood the point of my autocracy. That’s why I gave a sly smile while handing each guest his coat imagining how far their relationship would change.

 Mohamed Metwalli, New York 26/10/1997

 

 

Sans titre

Ici les manteaux prennent un numéro et montent au ciel. Les pardessus tous alignés battent des ailes parmi les nuages. Un jour d’automne malheureux comme un jugement dernier, avant de se disperser dans les couloirs du musée, les propriétaires se sont défaits de leurs manteaux. Ou, pour être plus précis, les propriétaires se sont défaits de leurs péchés qu’ils ont suspendus à ces crochets pour se sentir plus à l’aise pendant qu’ils observaient les icônes, les représentations de crucifixion et de baptême, ainsi que toutes les acquisitions de ce musée des religions. Et comme il me fallait attendre seul dans cette pièce de haute importance, temporairement, je me suis moi-même élu: Dieu des manteaux.

 

 

J’en ai crucifié un, embroché un autre. J’ai épinglé une fleur sur un troisième après avoir donné à chacun un nom, un âge, un niveau culturel, en fonction des différences entre leur apparence,  leur style et  leur goût. Car moi, régnant comme un Dieu dans cet endroit, je ne m’intéressai qu’au raffinement et à l’estime de soi sans me préoccuper de la gêne causée par un trou à l’aisselle, par exemple, ou la perte d’un bouton stratégique sur une poche, ou la fente du dos montant jusqu’à la nuque. Nombreux m’aimaient parmi les manteaux intelligents, et même ceux qui ne m’appréciaient pas comprenaient le bien-fondé de mon autocratie. C’est la raison pour laquelle, en rendant son manteau à chaque propriétaire, je souriais d’un air entendu imaginant à quel point leurs relations allaient changer.

Mohamed Metwalli, New York 26/10/1997

Traduction Anne Bourrel

 

La faucheuse solitaire

Si j'avais été l'un des contemporains impressionnistes de La faucheuse solitaire de Wordsworth, moi, je l'aurais représentée d’un seul coup de pinceau rouge,

Au centre d'une étendue imprécise de petits points verts, un peu jaunissants sous le soleil levant.

 Les traits du visage nettement dessinés et soulignés par son maquillage, indispensable à cet âge, la faucheuse est aujourd'hui assise -toujours solitaire- dans un café en ville où elle embrasse avec une sensualité contenue un jeune intellectuel.

Elle s'excuse ensuite un instant pour affronter le miroir, aux toilettes pour dames, et elle

Remet du rouge à lèvres au milieu de son visage

qui ressemble à la surface ridée d'un café turc léger.

Dans sa vie, ce moment est crucial

Puisque, rassurée quant à sa propre beauté, elle pense à ce qu’elle dira à ce jeune homme, là-bas, pour défendre les opinions qu’elle a exprimées dans son nouvel ouvrage qui traite du fossé des générations du point de vue des classes et de l'économie.

Alors pour se sentir plus à l'aise pendant la conversation envisagée,

Elle baisse son jean et se débarrasse de ce qui lui reste de bière, assise sur les toilettes.

 Ses cuisses, je voudrais bien ne pas avoir à dire ça, ses cuisses sont piteusement flasques, mais, vraiment, je ne voudrais pas paraître insensible.

Dans ma vie aussi, c'est un moment très important :

 J’ai toujours cru que la solitude de la faucheuse de Wordsworth était bien différente de celle de ma faucheuse à moi.

 Mais est-ce que par exemple la faucheuse originale -allez Wordsworth !- n'a jamais pissé ou chié dans son fameux champ ?

 Est-ce que ce qu’elle mangeait ne lui restait pas coincé entre ses belles dents blanches comme ça arrive souvent à ma faucheuse à moi au cours de discussions littéraires enflammées, quand elle déjeune avec un jeune intellectuel

 Et est-ce que ses pieds nus n'ont pas été souillés de fumier

Pour mettre en valeur innocence et exubérance

Est-ce que sa drôle de faucille ne ressemble pas plus ou moins à la boîte à maquillage de ma faucheuse à moi ?

Combien n'a-t-elle pas désiré cet homme d'âge mûr

Avec son énorme moustache, son visage impressionnant et ses vêtements, qui choisis pour le faire paraître plus jeune, lui donnent belle allure.

Il a soudainement foncé dans le bar et on aurait dit une idée lumineuse qui atterrit comme une fléchette au beau milieu d'un roman ennuyeux.

Elle habite avec sa fille -toutes les deux seules bien sûr- dans un immeuble du centre ville et sa fille s’est occupée de ce même jeune intellectuel, et ils ont commencé à s’entendre, d'une manière qui a offensé la morale de ma faucheuse,

Alors après quelques whiskies, elle a préféré s'allonger sur son lit,

Fenêtre ouverte sur un croissant de lune et un ciel nuageux,

Espérant que l'homme d'âge mûr à moustache vienne la rejoindre, et tuant le temps en imitant La Faucheuse Solitaire.

En attendant, la fille et le jeune homme se sont enfilés toute une bouteille et se sont imaginés comment se débarrasser de la présence inhibante de la mère.

 C'est cruel ! C'est monstrueux et insensible !

Je le leur dis, moi, et je frappe leur poitrine de mes deux poings et je les regarde avec les yeux mi-clos.

 En vérité, ils ont vraiment songé à la tuer et à balancer son corps maculé de sang

 Au beau milieu d'un champ.

 Mohamed Metwalli, Le Caire, Juin 1997

Traduction Anne Bourrel, juillet 2002, festival des voix de la Méditerranée , (34)

 

 

 


The Solitary Reaper

 

 

 

 

 

 

Wordworth's ‘Solitary Reaper’

And which, if I had been one of his Impressionistic contemporaries,

I would have replaced with a single red brushstroke

Amid a vague expanse of green dots 

Turned shyly yellowish by a sun about to rise.

That reaper is sitting these days

-solitary still- with sharply defined features

Outlined by cosmetics – which become mandatory at her age -

At a downtown café

With repressed sensuality kissing some young intellectual

Before excusing herself for a few moments and going to face the mirror in the Ladies’

To adjust the  lipstick in the center of her face

That resembles the skin on top of light Turkish coffee with a few wrinkles

It’s a crucial moment in her life

When she can reassure herself of her beauty and think of something to say to the young man outside in defense of the opinions expressed in her new treatise

Emphasizing the generation gap from a class and economic perspective

And so as to feel more at ease during the expected conversation

She has pulled down her jeans to get rid of the remains of the beer

Sitting on the toilet with thighs which I don’t want to say are pitifully flabby, so as not to seem callous –

It’s a crucial moment in my life too

Because I have always thought that the solitariness of Wordworth's reaper

Is rather different from my reaper’s

Didn’t the original reaper – come on, Wordsworth! – piss or shit in the field, for example,

Didn’t food get stuck in between her bright teeth, as usually happens to my reaper during heated literary arguments over lunch with a young intellectual,

And didn’t her bare feet get stained with manure

To signify innocence and exuberance,

And was  her sickle more or less different from my reaper’s makeup box?

How she desired that middle-aged man,

With an immense moustache,

Whose face and clothes, chosen to make him look younger, carry an impressive aspect.

He dashed into the bar suddenly, as a bright idea lands like a dart into the heart of a boring novel.

And because she lives with her daughter – on their own of course – in a building, also downtown

And because her daughter had entertained the same young intellectual and they had started to get along in a way that offended the reaper’s decency after a few whiskies

She preferred to lie on her bed,

Leaving the window open, with its view of a partial moon and a cloudy sky, waiting for the middle-aged man with the moustache to descend upon her, passing the time by impersonating the Solitary Reaper

Meanwhile, the daughter and the young man had polished off the bottle and started to think about getting rid of the mother’s inhibiting presence

How cruel, how monstrous and callous! 

 I say this pounding their chests with both fists 

And looking at them with half-shut eyes

To tell the truth,

They have actually considered killing her

And dumping her bloodstained body

In the middle of some field!                                      

Mohamed Metwalli, Cairo, June 18, 1997

 

 

  

 
Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /2007 10:23

 

Il miaulait. Il miaulait et je dormais. J'ai rallumé la lumière et découvert le chat: sous le lit. un petit chat, trois mois à peine, blanc, avec un masque noir sur les yeux et des oreilles noires- comme Batman. J'ai pensé KESKIFOULA ce CHANOIR? au milieu de la nuit?

Extrait de Un livre à la hâche, roman (travail en cours)

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /2007 10:57

 

Rubiessita

 

 

Pongáme puntillas en el corazón

 

Bailadora altiva

 

Flor de mis ojos y manos

 

Pongáme puntillas en el corazón

 

Mi  rubia lasciva

 

Baila alrededor de mi corazón

 

Y dentro

 

Rubiessita, rubiessita

 

Saca de mi corazón

 

Mis palabras más felices y tristes

 

Rubia, Rubia

 

O mi Rubia

 

No estoy seguro si existes

 

Te pareces a mi Madona

 

A mi mujer soniada

 

Querida, pongáme puntillas en el corazón

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /2007 18:50

Te escondes a la mirada ajena, brava y altiva. Pero cuando yo te miro, en el largo espejo dorado de mi cuarto, amiga leal, te abres como el nacimiento del día.

 ¡ Ay, cachucha querida!

 Solteras, nos entendemos. Te perfumo, te pongo flores y joyas raras. Tu, te abres y me sonríes, cueva profunda y olorosa.

Nos recordamos...nos recordamos de los días felices y de la plenitud...

 ¡ Ay, alhaja mía!

 Te quiero tanto que, si lo pudiera, te llevaré a mi brazo como una cartura de pieles. Serías una cartura muy dulce y caliente dónde acogeríamos a los que me dijeran:

 “! Que bolsa preciosa que tienes tú!”

 ¡ Ay, mi Cachucha, ay, mi Cachucha adorada!”

Anne Bourrel,texte pour Charo Beltran (version esp et fran), spectacle Puta Carajo, Chapelle Gély, vendredi 12 octobre 2007, Montpellier

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /2007 12:08

Un jour, j’ai perdu mon nom…et depuis, je m’appelle Ibrahim. J’ai choisi ce nom pour moi-même : Ibrahim ! Ça laisse songeur…on dirait un nom-fleur.

 

 

Je suis Ibrahim des couloirs vides de l’aéroport. Je suis vieux. Les couloirs sont jaunes.

 

 

J’ai vu des hommes avec des barbes et des djellabas, courir armes au poing. Ils criaient « Allah, Allah Akbar » mais ils avaient les sourcils froncés et la bouche mauvaise.

 

Mon Allah, n’est pas le même, le mien me dit : Ibrahim, marche dans les couloirs de l’aéroport, Ibrahim, paix en ton cœur !

 

 

Ibrahim ! Ibrahim ! Souffle le vent dans l’aéroport d’Alger, Ibrahim, tu es bien plus que toi-même, homme né de la souffrance des hommes ! Ibrahim, ton destin te pèse !

 

 

Un jour encore, j’étais dans les toilettes de l’aéroport et j’ai regardé dans le miroir.

 

 

J’ai vu mon visage et j’ai compris qu’il ne m’appartenait pas.    

 

 

J’ai vu au-delà de mon visage, tous les visages de la vie et j’ai compris le fil ininterrompu du temps.

 

 

Et puis, un jour, un homme armé m’a tiré dessus. Cet homme ressemblait à un rhinocéros, un gros type bien nourri de l’armée de chez nous. Al-djezira ! Al-djezira, je suis mort dans les couloirs jaunes de l’aéroport !

 

 

Libre de toutes les vies, demain, peut-être, je renaîtrai dans un pays apaisé, avec une histoire d’homme simple et amoureux ! Quand on a connu le pire, on a droit au meilleur, n’est-ce pas ?

 

 

Ou bien, je resterai mort, mort et sans matière, et je me contenterai de cette éternité blanche, dans l’éther lumineux.

publié dans le magzine littéraire de "Autour des auteurs", cf lien à gauche de la page

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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