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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /2007 12:20

Quand j’avais quatorze ans, je suis tombé dans le canal avec ma mob ! AAhh ! Dans le canal, avec ma mob… Il faisait nuit, j’y voyais rien, et puis la route a tourné, y avait des gens en plein milieu de la route, ils allaient à la fête, comme moi, hop ,virage dans la nuit, plof, dans le canal, les gens ont accouru, y en avait qui riaient, les plus jeunes, moi, j’ai eu froid, dans le canal, j’ai vite lâché la mob, l’odeur, pouah, du canal et cette eau noire, ai pas demandé mon reste, aussitôt tombé dans l’eau, aussitôt remonté et tiré par les bras par tous les gens qui allaient à la fête. Waow. Quand j’y pense, j’en reviens toujours pas. Et tu sais, la mob, dans le canal, elle y est toujours, ça fait vingt cinq ans maintenant, et j’en suis sûr, qu’elle y est toujours ma mob, dans le canal.

Dans le delta du Rhône, roman, travail en cours (résidence à la Laune, au diable Vauvert, septembre 2007)

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /2007 21:25

                                             D ans le bleu

de Santa Teresa,

dans l’ocre de

La Laune

 

 

Huit heures du soir, le soleil va se coucher sur la Camargue. J’ouvre ma fenêtre et je reste là, accoudée ; dans le ciel, la lune en croissant fluorescent. Le vent s’est calmé, ça faisait deux jours qu’il soufflait, et secouait toutes les branches des arbres, celui de la cuisine n’en peut plus, il se penche contre le mur de la maison, comme pour se reposer.

 

Mais, là ce soir, à la lune montante, non, il n’y a plus rien, plus un souffle, plus un brin d’herbe ne bouge.

 

Alors, je me souviens de Santa Teresa de Gallura. Les enfants, comme ils riaient ! De vrais petits sauvages en maillot toute la journée et nous, comme des rois.

 

C’était l’île de la Sardaigne, concentré de Méditerranée. Des eaux émeraude, des envahisseurs historiques à tous les coins, et dans les villages des vacanciers d’aujourd’hui, heureux et nonchalants.

 

A la Laune, ma voisine écoute de la musique, un peu fort, mais ce n’est pas grave, ce n’est pas grave du tout…ça fait plus d’une semaine que je suis là, seule, sans bruit. Moi qui habite en pleine ville et au dessus de plusieurs restaurants, quel contraste… mais, là ce soir, avec la présence effective de ma voisine qui est rentrée de quelques jours de voyage, c’est mieux comme ça.

 

On est deux dans cette grande maison, elle, belge résidant au Brésil et moi, languedocienne résidant en Languedoc.

 

Notre maison, jaune avec des volets turquoise, c’est une ancienne école, au milieu des vignes, des chevaux et des taureaux de Camargue. C’est la pleine campagne, mais c’est très gai. On nous a donné à chacune un très joli studio, un ordinateur, une bibliothèque, une petite cuisine et une salle de bain turquoise.

La journée est ponctuée par les entrées et les sorties de ceux qui travaillent au rez-de-chaussée dans les bureaux des Editions au Diable Vauvert, le soir, ce soir, j’ai envie de vin rouge, de terrasses bondées, j’ai envie des rues de ma ville, mais, je profite, je profite encore, de cette chance qui m’est donnée d’entrer en écriture comme dans un pays. Je suis la Reine de l’écriture et ma voisine aussi !

 

Ce soir, accoudée à la lune, je me souviens bien de Santa Teresa de Gallura, Sardaigne, mois d'Aôut fluorescent. Une heure de la Corse en bateau, trois ou quatre heures de Cagliari, la capitale, tout au Sud, à l’extrême opposé.

 

Je me souviens du livre que j’ai lu là-bas: Le pays sous le vent, de Grazia Deledda, 1886-1937, prix Nobel de littérature en 1905. Les éditions Autrement publient son œuvre que nous ne connaissons pas en France…mais que l’on étudie dans les écoles en Italie. Et puis, ici, dans l’ocre de la Camargue, j’ai lu Le plaidoyer pour les justes, d’Aïssa Lacheb-Boukachache.

S’il habite toujours à Montpellier, si vous le connaissez, s’il vous plait, dites-lui pour moi, s’il vous plait, que son livre m’a terriblement plu, qu’il est terriblement humain, terriblement terrible, et qu’il confirme ce que je crois. Je lirai son deuxième livre « L’éclatement » et son troisième et son quatrième…

 

 

 

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /2007 20:16

Dimanche 23 septembre, pendant la météo marine

 

 

 

 

 

Beau week-end pause dans gîte joyeux avec famille réunie.

 

 

 Taureau dans champ et dans assiette.

 

 

 Soirée médiathèque : spectacle vendredi vauvert ! Merci aux spectateurs!

En rentrant, vers 17 heures, découverte des photos de Didier Leclerc (bientôt sur son site N89), relecture des pages 0 à 53, corrections, concentration, grande force donnée par week-end pause en famille.

A vendredi les chéris, voiturée de sourires, mains agitées:

 « Écris-nous de belles choses ! »

 et cœur qui bondit, pour vous : au travail, au travail !

 Maintenant, bol de Verveine boue avec nouvelles pas toujours bonnes, masque et la plume à radio, oh, non pas écouter ça !! Trop effrayant ici suant mots et chapitres ! Bon, allez, pour l’amour de Littérature, j’écoute.

 

 

Bon baisers à tous, on reste en contact, hein ?!

 

 

 

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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Lundi 24 septembre 2007 1 24 /09 /2007 18:31

 

 

 

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /2007 15:15

L’actualité : René Escudié a écrit un texte que j’ai co-signé avec d’autres, pour dire ras-le-bol à toutes ces choses affreuses qui se passent en ce moment : chasse à l’étranger. Mais pourquoi faire ?!!

 

 

Seul le métissage existe, c’est la seule et UNIQUE solution, c’est le processus même de la vie. Fermer les frontières, envoyer des gens où ils ne veulent pas aller, attiser la haine entre communauté dans ces maigres délimitations que sont nos frontières, ne servira qu’à une seule et même chose : faire pousser la haine. Et la haine mange de la haine. La seule nourriture de la haine, c’est la haine.

 

 

 

 

Empêcher les gens de circuler librement et de vivre où ils veulent (peuvent), c’est laisser venir tous les extrémismes.

 

 

L’économie ? Elle ne gagne pas non plus au resserrement des frontières.

 

 

Qui a oublié pourquoi notre pays s’orne de centaines d’autres nations, qui ?

 

 

 

 

A Tanger, quand on s’assoit au café Hafa, on voit les côtes espagnoles. Aujourd’hui, l’Eldorado est là, pour des milliers d’Africains et de Maghrébins : la côte espagnole, et derrière La France, et plus loin l’Angleterre…celui qui rêve de vie meilleure et que l’on empêche de traverser se tournera vers Dieu. Et Dieu, on le sait, n’est pas toujours des plus enclins à respecter les droits de l’homme….eh puis les choses changent si vite : lisons les livres d’histoire ! Par exemple, celui de Leroy Ladurie : Histoire du Languedoc (PUF, 4 euros 50, moins cher encore d’occasion et disponible dans toutes les bibliothèques) et que lit-on ? Les richesses se créent, puis, elles se perdent, les frontières se transforment aussi au gré du temps, les gens les traversent selon leurs besoins, des pays pauvres envoyant leur main d’œuvre et leurs journaliers dans un pays donné, un siècle plus tard se retrouvent riches et accueillent à leur tour ceux chez qui ils ont été serviteurs.

 

 

Alors, oh, hein, les hommes, un peu d’humilité !

 

 

Et toi, là, cet élu du peuple qui ose même aller porter ta leçon mal apprise chez les africains ! J’espère qu’ils ont ri, pendant que moi je pleure, en écoutant tes sornettes de goujat. Non, mais, c’est qui ce mec ?! Même ici, dans ma retraite gardoise, je n’entends parler que lui. Vous avez regardé le téléfilm hier soir à la télé ?! J’ai pas la télé, mais j’ai entendu parler de ce programme à la radio et je suis abasourdie. Il est partout, partout.

 

 

Dans les livres d’histoire, les miens, ceux que je me souviens avoir reçu l’année du bac, on appelait ce genre-là : le culte de la personnalité.

 

 

Merci mes co-citoyens d’avoir voté pour ce tocard.

 

 

 

 

Au café Hafa, des hommes aux yeux réglisse vendent de la réglisse. Des feuilles de menthe ou presque …un très vieil homme dans une burka blanche porte sur son bras un énorme plateau de pâtisseries au miel et aux amandes. Les verres de thé arrivent brûlants. On prend le temps qu’ils refroidissent, on prend le temps de les boire, on prend le temps de se souvenir du goût du thé, amer, sur le bout de la langue, un temps étiré, un temps sans mesure, alors qu’au loin brille la mer barrée de bleu noir : les côtes espagnoles.

 

 

Je voudrais retrouver le café Hafa, avec toi, mon amour, et entendre cette chanson si triste, si triste, au son du oud, lorsque quatre jeunes hommes chantaient.

 

 

 

 

Fils et filles des mappemondes, il va falloir se serrer les coudes.

 

 

Par anne bourrel écrivain pop - Publié dans : ecrivainpop
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